27/07/09

John Travolta: le deuil de son fils... et de la scientologie ?

Jean-Frédéric Tronche pour l'hebdomadaire GALA Lundi 27 juillet 2009

John Travolta promène sa douleur des nuits entières sur un buggy de golf... Il tourne en rond avec le souvenir de son fils Jett, mort en début d'année. Jusqu'à ce que le héros de Pulp Fiction sorte du cercle de la Scientologie.

Pour revenir au réel?

Mais un chantage pèse sur les épaules de ce père à terre...

John Travolta tue ses nuits blanches avec ses armes et ses larmes, mais la douleur de la perte d'un enfant est immortelle. Et c'est cette recherche désespérée du héros de Grease pour trouver l'onguent à même d'apaiser cette brûlure de l'âme que relate un très beau recueil de témoignages réalisé par le Dailymail.

Jett Travolta n'avait à peine vécu que 16 printemps lorsqu'il a rendu son dernier souffle. Une longue maladie, comme on dit. Rare, aussi: le syndrome de Kawasaki (qui touche essentiellement l'enfant et dont le pronostic est la plupart du temps cardiovasculaire). C'était en janvier. Et ce jour- là, John est mort lui aussi, un peu. Parfois, on peut se demander s'il n'a pas suivi plus loin son fils dans la tombe qu'on ne l'imagine, la douleur traversant parfois si mal la gangue de papier glacé où l'on fige les stars. Mais combien de milliards de pixels par pouce faut-il pour que suinte l'âcre parfum du malheur brut? Car souffrir, c'est un problème de définition.

Et d'expression. John Travolta, 55 ans, lui, fait comme il peut pour crier l'absence de Jett. Et vivre avec son fantome. Une présence invisible aux yeux de ses voisins qui ne voient qu'une fois la nuit tombée, l'acteur faire des ronds, à bord de la voiturette de golf où il aimait tant louvoyer avec son garçon. Jett est sans doute là, à ses côtés, lorsque John Travolta virevolte. Mais il est le seul à le voir.

A Miami, lors de l'une de ses toutes premières apparitions publiques depuis le drame, c'est une bien triste figure qu'offrait John Travolta. "Pendant une minute, il est O.K., la suivante, il est en larmes", constate Denzel Washington, son compagnon de vie et de tournage: ils partageront l'affiche de L'Attaque Du Métro 123. Washington conclut: "Il est tellement gentil, tellement doux."

Une douceur qui ne le prive pas d'une force nouvelle qui pourrait le conduire à un divorce douloureux. Si ce n'est violent. A savoir, sa rupture annoncée avec la Scientologie américaine. Lui qui en était l'un des plus fervents porte-parole et pourvoyeur de subsides devrait mettre fin à 34 ans de foi ébranlée par la mort de son fils Jett.

Le Dailymail avance que John Travolta serait excédé par la pression imposée par quelques responsables de la secte afin de l'entraîner avec quelques autres membres de la sa famille à répondre aux questions portant sur les "influences négatives qui auraient pu contribuer à la tragédie". Le même journal rapportant que des amis de John Travolta imaginent qu'"il regrette maintenant profondément d'avoir adhéré si strictement aux recommandations de ce culte sur le traitement médical de son fils."

Mais, de l'avis de certains témoins interrogés par le Dailymail, comme le spécialiste de l'Eglise de Scientologie Rick Ross, ce sera "très difficile pour John Travolta, à son niveau (dans la hiérarchie de l'Eglise, NDR), de s'extirper de la Scientologie (...) parce qu'elle détient des dossiers sur ses membres célèbres recelant des informations personnelles embarrassantes." En ce qui concerne John Travolta, un des responsables de la police interne à la secte américaine avait allégué que la "religion" de Ron Hubbard avait "soigné" (sic) John Travolta de ses tendances homosexuelles. Si tel est l'instrument de pression utilisé contre Travolta (qui aurait de quoi ruiner sa carrière?) rien ne dit qu'il cèdera. Car il faut se méfier de celui qui n'a peut-être pas tout perdu. Mais trop pour connaître la peur.

Photos copyrightées

30/06/09

Zoom sur Juliano Verbard : le criminel Réunionnais à la psyché insaisissable

Tout le monde se rappelle de la fulgurante affaire Verbard qui depuis huit ans déjà, s'est fait connaître sous le pseudonyme « petit lys d'amour »; un sobriquet que lui aurait conféré, disait il, par la Vierge Marie.

Juliano Verbard, jeune homme à la personnalité troublante jouit d'un charisme et d'une force de persuasion et d'embrigadement de l'esprit extraordinaire. Et c'est avec cette force de caractère, et disons le, c'est avec cet esprit de détraqué et de « psychopathe intelligent » que Juliano réussit à faire entrer bon nombres de Réunionnais à la psychologie fragile et au caractère illuminé, dans sa secte dénommé : « Coeur Douloureux et Immaculé de Marie ». Une secte qui va cautionner ses méfaits et ses multiples erreurs : rapt du jeune Alexandre, ses actes de pédophilie... autant d'actes qui vont en général contre les principes moraux de l'homme, mais qui pour eux témoignent de leur foi, de leur dévouement envers Juliano, médiateur de la parole divine. C'est avec ces séries d'évènements que Juliano et ses adeptes jettent un voile noir sur notre île.

Mais ce n'est pas finit, le film a sensation continu en 2009 ; lorsque Juliano refait son Come Back en faisant parler de lui dans les médias. En effet, c'est après des mois de vie en fugitif que Juliano se fait alors capturer et qu'il est écroué en même temps que son amant Fabrice Michel et le père de celui-ci Alexin Michel. Mais c'est après quelques mois d'enfermement que Juliano et ses deux acolytes sont une fois de plus, au centre de l'intérêt public, puisqu'ils ont transcendés les moyens de fuite en préparant une évasion organisée digne des criminels des continents, en gros on aurait cru à un vrai show à l'Américaine!

Mais jusqu'où ira ce pervers? Il y a quelques jours, il a semblerait-il « baissé les armes » et à fait preuve d'une grande coopération lors de son interrogation par le juge d'instruction : Pierre Niel. S'agit il là encore d'une stratégie perverse ? D’un moyen de convaincre les médias et donc les gens de sa volonté de changer? De se repentir? Ou est ce la une façon de tromper encore son monde et d'élaborer un autre plan machiavélique, un plan digne de lui et digne de sa haute perversité?

Que de question qui ne trouveront sans doute aucune réponse dans l'immédiat, mais qui trouveront une réponse sans doute dans les medias. Jeu de mot, jeu d'infos, Juliano sait faire travailler les esprits ; il sait faire parler de lui et il sait rendre son histoire grandiose dans sa fatalité et dans ignominie. Après tant de transgression de la loi : évasion ; complicité de détournement d'aéronef... après tant d'atteinte à l'homme : « lavage de cerveau » ; pédophilie, complicité d'enlèvement en bande organisé, complicité d'otage. La question de la peine échauffe les esprits! La peine sera t'elle suffisante pour effacer tout le mal qu'il a causé! On a vu lors de sa dernière arrestation le déchaînement de la violence et du mécontentement de la foule à son égard! Pas une once de pitié ou de compassion envers lui. Comment pourrait on en avoir d'ailleurs? Moi je m'interroge sur un point qui est fondamental à mes yeux : Comment peut on se laisser prendre dans une telle démarche de dénie de soi même en faisant l'idolâtrie d'un gourou? A quel degré de faiblesse faut il être psychologiquement pour arriver à se perdre dans une secte et d'en croire le contraire? Je suis forcé de voir que l'homme est à un tel degré de désappointement qu'il s'efforce de chercher un lien en mettant son énergie dans la croyance en une religion : mot qui vient du latin : religaer = relier.

Paradoxalement, l'homme peut faire tout le contraire en s'embrigadant dans une secte, secte qu'ils croient pour une religion, hors qu'étymologiquement le mot « secte » vient du latin « sectare »

Les articles sur cette affaire:

le gourou de la secte introuvable, des disciples en garde à vue

Evasion du gourou

Traque sur l'île de la Réunion pour retrouver un gourou pédophile

06/06/09

Colloque Européen : « L’enfant et la médiation familiale en Europe »


Sous le Haut-patronage de Monsieur Nicolas Sarkozy, Président de la République Jeudi 11 et Vendredi 12 juin 2009 au Conseil économique, social et environnemental

Deuil, handicap d’un enfant, divorce… les causes de rupture familiale sont nombreuses. Or, la médiation familiale peut apporter des solutions et aide à rétablir le dialogue. Investie depuis plus de 15 ans dans la reconnaissance et la promotion de la médiation familiale, l’UNAF organise ce colloque européen autour de l’enfant et la médiation familiale, en partenariat avec le Forum européen.

Rester parents au delà du couple

Quand les parents décident de se quitter, ils ne divorcent pas pour autant de leurs enfants. La médiation familiale apporte justement un processus de construction d’accords entre les parents. Elle les aide à organiser leurs liens avec leurs enfants. Ainsi, dans les cas de séparation, la médiation familiale favorise l’exercice conjoint de l’autorité parentale.

Quelle place pour l’enfant dans la médiation familiale ?

L’enfant doit-il être présent tout au long du processus de médiation familiale ? Selon quelles modalités ? La loi sur l’autorité parentale implique qu’il est de la responsabilité des parents de prendre ensemble les décisions concernant la prise en charge de leurs enfants. Comment respecter et réaffirmer la responsabilité et la compétence fondamentales des parents ? Voici quelques unes des questions qui seront abordées en ateliers par les participants, afin de confronter les expériences et de trouver des réponses concrètes aux situations singulières des familles.

L’objectif de ce colloque réunissant des médiateurs familiaux européens est d’échanger sur les différentes pratiques en vigueur en Europe afin d’améliorer encore le service aux familles et la protection de l’enfant.

Programme du colloque:

Jeudi 11 juin 2009 : La place de l’enfant
JEUDI MATIN
Animation : Danielle QUANTINET, Administrateur de l’UNAF
8h00 - 9h Accueil des participants et présentation des 2 journées
9h00 - 10h30 Allocutions d’ouverture :
�� Jacques DERMAGNE, Président du CESE
�� François FONDARD, Président de l’UNAF
�� Annette MOUTTET, Présidente du Forum européen
�� Hanna PRZYBYLA-BASISTA, Groupe de recherches du Forum européen « L’état de la
recherche en médiation familiale »
La médiation familiale en France : points de vue des médiateurs et des services
�� Audrey RINGOT, Présidente de l’Association pour la médiation Familiale
�� Jean-Claude LAPLAUD, Vice-Président de la Fédération Nationale de la Médiation familiale
10h30 - 11h00 L’évolution des politiques familiales et de l’enfant en Europe
Benoît BASTARD, sociologue et directeur de recherche au CNRS
11h00 - 11h45 Débat
Improvisation théâtrale
Pause
11h45 - 12h15 La place de l’enfant dans la médiation familiale
Sabine THOMSEN, Médiatrice familiale, auteur (Allemagne)
12h15- 12h35 La place de l'enfant dans la médiation familiale : une expérience novatrice
Franck DUQUESNE, Médiateur familial de la Ville de Marseille
12h35 – 12h45 Improvisation théâtrale
12h45- 14h00 Buffet sur place
JEUDI APRES-MIDI
14h00 - 14h45 La place de l'enfant en médiation familiale : Panorama des concepts et des pratiques en
Europe.
Introduction aux ateliers et méthodologie
Jocelyne DAHAN , Médiatrice familiale et formatrice, auteur
14h45 - 15h00 Improvisation théâtrale
Pause - changements de salles
15h10 - 17h00 4 ATELIERS SUR LE THÈME : « La place de l’enfant en médiation familiale »
Atelier n°1 : en français animé par Pierre GRAND ; Claudio JACOB, médiateurs
familiaux et formateurs
Atelier n°2 : en franco-italien animé par Costanza MARZOTTO, médiateurs familiaux
et formateurs
Atelier n°3 : en français animé par Agnès VAN KOTE ; Isabelle JUES, médiatrices
familiales et formatrices
Atelier n°4 : en anglais animé par Anne Catherine SALBERG ; Christine de
GAULEJAC, médiatrices familiales et formatrices
Vendredi 12 juin 2009 : La parole de l’enfant
VENDREDI MATIN
Animation : Annette MOUTTET, Présidente du Forum européen en médiation familiale, recherche et formation
8h30 - 9h00 Accueil des participants
9h00 - 9h15 Synthèse des ateliers de la veille
Jocelyne DAHAN, Médiatrice familiale, formatrice, auteur
9h15 - 10h15 CONFÉRENCE : « La parole de l’enfant »
Marc JUSTON, Président du Tribunal de Tarascon, Juge aux affaires familiales
Gérard POUSSIN, Professeur de psychologie clinique à l’Université de Grenoble
Anne ANCELIN-SCHUTZENBERGER Professeur des universités auteur
10h15 - 10h45 Débat
Improvisation théâtrale
Pause
10h45 - 12h30 TABLE RONDE : « Et moi, dans tout ça, où est ma place ? »
Introduction par Annette MOUTTET
Animation : Costanza MARZOTTO
Intervenants : Hanna PRZYBYLA-BASISTA ; Mauro MARIOTTI ; Siegfried
RAPP ; Claudio JACOB, Lisa PARKINSON
12h30 - 12h45 Présentation des ateliers de l’après-midi
Improvisation théâtrale
12h45 - 14h00 Buffet sur place
VENDREDI APRES-MIDI
14h00 - 16h15 5 ATELIERS THÉMATIQUES(sur inscription – voir fiche jointe)
1. La protection de l’enfance et la médiation familiale
2. Médiation familiale parents-adolescents et milieu scolaire
3. Les groupes de paroles d’enfants
4. Médiation familiale avec l’enfant et psychothérapie de l’enfant : quelles différences ?
5. La médiation familiale internationale et l’enfant
16h15 - 17h00 Synthèse des 2 jours et séance de clôture par le Forum et l’UNAF
Conclusion Improvisation théâtrale
L’UNAF – Union nationale des Associations familiales
L'Union nationale des associations familiales est une institution nationale
chargée de promouvoir, défendre et représenter les intérêts de l'ensemble
des familles vivant sur le territoire français, quelles que soient leurs
croyances ou leur appartenance politique.
Elle anime un réseau territorial d’Unions départementales et régionales des
Associations Familiales (UDAF et URAF).
L’UNAF défend la nécessité d’une politique familiale globale permettant de
prévenir ou de limiter les situations de rupture et leurs conséquences. Elle
est impliquée activement depuis plus de dix ans dans le développement de
la médiation familiale qui vise à restaurer la communication, à préserver des
liens entre les personnes et plus particulièrement des membres de la famille.
Les UDAF sont une trentaine aujourd’hui à gérer un service de médiation
familiale.
LE FORUM EUROPÉEN EN MÉDIATION FAMILIALE,
formation et recherche
Le« Forum Européen, Formation et recherche en médiation familiale » est
une association loi 1901 qui regroupe des organismes nationaux, régionaux
et locaux situés en Europe travaillant dans le champ du divorce et de la
séparation.
Le but du Forum Européen est de développer, promouvoir et coordonner la
formation en médiation familiale en matière de divorce et de séparation et les
activités de recherche dans ce domaine afin d’assurer la qualité de son
application en Europe.
Le forum européen regroupe actuellement des représentants de l’Allemagne,
de l’Angleterre, de l’Autriche, de la Belgique, de l’Espagne, de la France, de
l’Italie, de la Pologne, du Portugal, de la Suisse, est, en lien avec d’autres
pays européens, la Bulgarie, Malte, la Hollande, l’Irlande, etc.
Compagnie
Le Nez
au vent
La compagnie d’improvisation théâtrale « Le Nez au Vent »
Deux comédiens clowns ponctueront l'événement d'improvisations
théâtrales, apportant leur regard décalé, ils offriront au public un miroir
bienveillant mais sans complaisance.
Contact : lenezauvent@wanadoo.fr Site : www.lenezauvent.org

Accueil : jeudi 11 juin matin de 8h à midi.


Contact :

aure MONDE

Tél. 01 49 95 36 05

lmondet@unaf.fr

01/06/09

Dérives sectaires : une politique de fermeté


En 2009, la France compterait 500 à 600 mouvements sectaires, soit un triplement en quinze ans.

Dans son discret bureau de la rue de Bellechasse, au cœur du cossu 7e arrondissement de Paris, l’ex-juge qui a instruit une des procédures visant la Scientologie à Lyon dans les années 90, accueille en tête-à-tête, dans ses nouvelles fonctions d’aiguillon de la lutte anti-sectes en France depuis la rentrée 2008.

DOSSIER

Ce cinquième procès français contre la Scientologie est un coup de projecteur parfait pour promouvoir la lutte contre les dérives sectaires ?

Georges FENECH : «On voit bien l’intérêt que les Français portent à ce cinquième procès français ­ depuis la condamnation de Ron Hubbard en 1978 par le tribunal de Paris, contre des responsables du mouvement. Ce procès est considérable du fait même que la personne morale de la Scientologie est poursuivie car juridiquement il peut aboutir à une dissolution. Mais pas question pour nous de faire pression sur la justice !»

En 1996, une commission parlementaire avait établi une liste de 172 sectes. Les pouvoirs publics ont-ils peur d’aller sur ce terrain-là désormais ?

«Le Parlement, c’est sa liberté de le faire et il bénéficie de l’immunité parlementaire. Cette liste avait le mérite de présenter l’ampleur du phénomène, sa diversité. Elle avait des limites, car elle stigmatisait des groupements et il y a eu des erreurs, reconnues depuis. Enfin, elle n’avait pas de valeur normative et n’a pas été actualisée. Aussi, les mouvements qui ne figuraient pas dans cette liste avaient beau jeu de dire qu’ils n’étaient pas des sectes […] J’ai proposé moi-même l’idée d’un référentiel ; pas d’une liste des sectes, car nous de sommes pas chargés de lutter contre les sectes mais de travailler sur les dérives sectaires. Il s’agirait plus d’un outil de travail interne à partir des signalements que nous recevons ici.»

Nicolas Sarkozy n’a-t-il pas brouillé les cartes en recevant Tom Cruise, scientologue convaincu ? Tout comme sa directrice de cabinet, Emmanuelle Mignon, disant en 2008 que les sectes étaient un «non-problème» ?

«Il faut évacuer ce fantasme de la rencontre entre Tom Cruise et Nicolas Sarkozy alors ministre du Budget. Cruise, c’était une star mondiale. Peu importe qu’il soit scientologue ou pas. Si Tom Cruise souhaite venir à la Miviludes, je le recevrai sans souci. J’ai reçu les avocats américains de la Scientologie et je vais recevoir les Témoins de Jéhovah. Ni moi, ni Nicolas Sarkozy ne sommes soupçonnables de prosélytisme. Ma nomination à ce poste est une volonté de poursuivre la politique de fermeté qui a toujours été celle de la France. Le consensus politique est là : la loi About-Picard, les commissions parlementaires ont toutes été soutenues à l’unanimité […] Je n’ai pas le sentiment d’être freiné dans mon action. Au contraire.»

Un mot sur les nouveaux risques sectaires avec les arnaques du coaching personnel, des psychothérapies…

«Dix à douze millions de Français suivent une psychothérapie. Ils ont souvent affaire à des gens compétents mais peuvent aussi tomber sur des charlatans et perdre gros […] Dans la loi Hôpital, santé, territoires, un amendement a été introduit pour réglementer la profession de psychothérapeute, avec une inscription sur un registre national. Car un sur trois viendrait des milieux sectaires !»

Propos recueillis par Alain MORVAN.

(1) Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires.

Photo DR le Républicain Lorrain: Le président de la Miviludes (1) Georges Fenech, est un tenant de la ligne dure anti-sectes.

27/05/09

Tk: A Brno sera ouverte la première école utilisant les méthodes du fondateur de la Scientologie

Le 27-05-2009 quotidien en ligne de la Radio Brno
Par Guillaume Narguet

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Tandis que l’avenir de l’Eglise de scientologie est actuellement en jeu devant la justice en France, les scientologues tchèques, eux, ne risquent pas d’interdiction de leurs activités. Au contraire : bien que très discrets, ils ouvriront à la rentrée prochaine une école élémentaire privée à Brno, en Moravie. La création de trois classes a été autorisée par le ministère de l’Education, qui avait pourtant qualifiée la scientologie de secte dangereuse il y a quelques années.
A en croire les responsables de l’école, les enfants recevront un enseignement areligieux. Ce sont néanmoins les méthodes du fondateur de la Scientologie, Ron Hubbard, qui ont été choisies par BASIC, société à l’origine de la création de ces trois classes conçues pour accueillir un maximum de quinze enfants. L’information a été publiée, lundi, par l’hebdomadaire Týden.
Centre d’études spécialisé dans le soutien aux enfants confrontés à des difficultés scolaires, et présent dans treize villes du pays, BASIC est une filiale de l’Eglise de scientologie en République tchèque. Sur son site Internet, où elle présente, entre autres, son projet « Aidons les enfants » parrainé par de nombreuses entreprises connues, la société ne cache d’ailleurs pas qu’elle tient Ron Hubbard pour référence en laissant apparaître sa citation « Sauvez un enfant et vous sauverez la nation ». C’est d’ailleurs ce que reconnaît la directrice de BASIC, Svatava Kovářová, tout en défendant le projet de cet établissement :
« En aucun cas il ne s’agira d’une école scientologique. Je pense plutôt que certaines personnes veulent faire un lien avec la scientologie du fait de la présence du nom de Ron Hubbard, alors que ce sont seulement ses méthodes qui nous ont séduits. »
Directeur de la Société chargée de l’étude des sectes et des nouveaux mouvements religieux, le spécialiste des religions Zdeněk Vojtíšek est, lui, d’un avis sensiblement différent, et considère qu’il existe une connexion directe entre ce type d’établissements scolaires et la Scientologie même :
« Il est difficile d’imaginer que les techniques d’enseignement scientologiques de Hubbard puissent être reconnues par quelqu’un qui ne croit pas dans les autres postulats d’Hubbard et qui n’est pas scientologue. Ou alors il s’agit d’un moyen d’attirer les élèves et leurs parents, de faciliter leur intégration au sein de l’Eglise de scientologie. »

A la différence d’autres pays européens, la République tchèque reconnaît la Scientologie comme une religion. Les activités de son Eglise sont donc tout à fait légales et les démarches à entreprendre pour ouvrir une école scientologique ne diffèrent en rien de celles nécessaires à l’ouverture une école catholique. C’est la raison avancée par le ministère de l’Education pour justifier sa décision d’autoriser la fondation de l’école. Une décision d’autant plus aisée à prendre que, comme l’a reconnu l’employé du ministère qui a inscrit BASIC au registre des écoles, il ne savait pas qu’il s’agissait de scientologues.

26/01/09

Des lycéens sensibilisés aux dérives sectaires

Titre original de l'article:
Aujourd'hui, des lycéens catésiens sensibilisés aux dérives sectaires
lundi 26.01.2009 - quotidien La Voix du Nord

Christian Cabus: «Tout le monde peut se laisser prendre par les groupes sectaires. Ce sont des pièges.» Christian Cabus: «Tout le monde peut se laisser prendre par les groupes sectaires. Ce sont des pièges.»

PRÉVENTION:

Cet après-midi, une quarantaine d'élèves de première année de la Maison familiale rurale du Cateau vont recevoir la visite de Christian Cabus, président de l'antenne Nord - Pas-de-Calais - Picardie du Centre contre les manipulations mentales. Deux heures durant, il les informera sur les dérives sectaires, et en particulier, à la demande de leurs enseignantes Cécile Henriet et Cécile Plancot, sur le satanisme.

Par Hélène Harbonnier

Parce qu'elle voulait « faire passer l'information à nos jeunes, qui étant en bac professionnel et ayant entre 16 et 18 ans, voire plus, sont plus sensibles à ce genre de problème », l'enseignante en zootechnie Cécile Henriet a souhaité que Christian Cabus intervienne auprès des élèves dont elle a la charge. Peut-être aussi parce qu'une certaine attirance pour le « nazisme » s'est fait jour chez quelques-uns des jeunes, elle a demandé à ce que ce soit le satanisme qui soit abordé aujourd'hui auprès de la quarantaine d'ados.

Le président de l'antenne Nord - Pas-de-Calais - Picardie du Centre contre les manipulations mentales ne pouvait que répondre favorablement à cette demande, son association oeuvrant un maximum pour prévenir et informer sur les dérives sectaires, notamment dans les établissements scolaires. D'autant plus que « la période de l'adolescence est extrêmement sensible. Les jeunes doutent, se cherchent. Si une personne répond à leurs questionnements, ils peuvent entrer dans un groupe sectaire sans s'en apercevoir. » Aux élèves catésiens, Christian Cabus projettera un petit film sur le satanisme, avant de présenter plus précisément ce mouvement. « Le satanisme touche 25 000 personnes en France, depuis les jeunes à tendance gothique jusqu'à des dérives extrêmement graves, sexuelles ou financières. » Suivra un échange de questions-réponses. « Il y a toujours un débat qui s'instaure. Au début, c'est assez limité dans la salle. Par contre, les jeunes viennent me voir après, parfois parce qu'ils sont personnellement concernés. » Ce sera aujourd'hui la première fois que le CCMM interviendra dans le Cambrésis. L'occasion pour Christian Cabus, qui est aussi membre du conseil d'administration et du bureau de l'association nationale, de rappeler que « tout le monde peut se laisser prendre. Ce sont des pièges. » •

Pour tout contact, adressez un courriel au Centre Roger Ikor du Nord, à M. Cabus.

20/01/09

Peut-on établir une différence objective entre sectes et religions ?

Les textes publiés sont souvent des articles de journaux reproduis afin qu'ils ne disparaissent pas de la toile, ils ne reflètent pas nécessairement la ligne éditoriale des publications du Réseau Parental Europe mais visent à informer plus complètement les parents en leur proposant divers éclairages sur des questions particulièrement controversées.


Anne Morelli est directeur-adjoint du Centre interdisciplinaire d'étude des religions et de la laïcité de l'Université Libre de Bruxelles.

par Anne Morelli - SPS lettre de l'AFIS n° 283, octobre 2008

www.pseudo-sciences.org

Peut-on établir une différence objective entre sectes et religions ?

À cette question les réponses fusent généralement : les sectes sont nuisibles, dangereuses, à surveiller de près ; les religions, elles, ont un bon fond (bien que parfois perverti), elles comblent des aspirations humaines naturelles et sont infiniment respectables.

Ce distinguo n'est pas seulement généralisé chez les croyants des grandes « religions » mais se retrouve aussi chez bon nombre de libres-penseurs et rationalistes, tout au moins dans certains pays d'Europe comme la France, l'Allemagne, l'Autriche et la Belgique franco-phone.

Or cette différence « évidente » entre sectes et religions ne résiste pas à l'analyse.

Lorsqu'en Belgique, la Commission parlementaire sur les sectes, réunie en 1996, décida de consulter des experts en la matière, elle fit venir d'universités différentes et de spécialités diverses des professeurs, dont j'étais. Seuls les théologiens affirmèrent détenir des critères pour distinguer les « bonnes » religions des mauvaises [1]. Sans s'être nullement concertés, les autres professeurs, confrontés à la question « quelle est la différence entre sectes et religions ? » répondirent avec une belle unanimité qu'il n'était pas de critères fiables permettant de séparer les unes des autres.

Tous les critères objectifs imaginés pour caractériser les sectes (taille du groupe, longévité, sacrifice de la vie personnelle, pouvoir inconditionnel du chef, signes distinctifs, obéissance, coupure de la vie « normale » etc…) pouvaient être appliqués aux grandes religions ou au moins à certaines formes qu'elles ont prises, comme le monachisme [2] ou la vie conventuelle.

Nous allons passer en revue ici quelques exemples de ces pseudo-critères de distinction entre sectes et religions.
L'argent et le sexe

Mr Homais vous le dira : les sectes en veulent à votre argent et cherchent à dominer ou exploiter vos pulsions sexuelles. Dans un petit essai polémique [3] je me suis amusée à comparer la situation décrite pour les sectes, au catholicisme de mon enfance.

Trois de mes tantes étaient entrées au couvent toutes jeunettes. Leur ordre n'avait-il pas dûment dompté leurs pulsions sexuelles et en outre, dans leur cas, étouffé toute aspiration à la maternité ? Était-ce vraiment moins grave que les mariages groupés où M. Moon fait convoler ses jeunes adeptes en justes noces après avoir évalué leurs chances de bonne entente ? Pourquoi ceux-ci font-ils scandale et pas la chasteté imposée aux religieuses ? Toutes les religions n'aspirent-elles pas à contrôler la sexualité de leurs membres ? Elles s'intéressent passionnément à leurs pratiques, veulent tout en connaître et y plantent leurs interdits.

Mes trois tantes étaient entrées au couvent accompagnées d'une dot importante qui leur garantissait de ne pas devoir effectuer des travaux manuels avilissants. Mais si elles avaient décidé – semant par là même le déshonneur pour toute la famille – de quitter le couvent, cette somme ne leur aurait en aucun cas été restituée. Lorsqu'un scandale financier ébranle le Vatican ou que les Capucins, dévôts de Padre Pio, sont convaincus de détournements de fonds, personne n'ose dire – ni même penser – que ces escroqueries font intrinsèquement partie de la foi catholique ou sont une conséquence normale de ses structures.

Mais si une secte « oublie » de payer ses impôts ou profite (comme le faisaient autrefois les prêtres) de la détresse ou de la sympathie d'une per-sonne pour se faire attribuer des dons ou héritages contestés par la suite, ces malversations ne seront évidemment pas présentées comme de funestes exceptions, mais comme des pratiques caractéristiques et inhérentes aux sectes.
Nuisance

La nocivité pourrait être un critère de distinction entre sectes et religions s'il pouvait être objectivé.

Qu'est-ce qui est nocif ? Se « faire du mal » ? Se priver de certaines nourritures comme les Chartreux, qui en outre ne dorment jamais que quelques heures d'affilée, sont coupés du monde et de ses nouvelles et que la règle du silence isole dans un univers qu'on peut, de l'extérieur, juger psychotique ?

Les pénitents catholiques, qui se flagellent, ont certes le droit de le faire puisque le masochisme n'est pas punissable par la loi, mais ce comporte-ment est-il plus ou moins « nuisible » que celui des Krishna végétariens ?

Par ailleurs on a vu des sectes pratiquer le suicide collectif [4]. Ce comporte-ment, unanimement réprouvé s'agissant d'elles, est magnifié s'agissant des grandes religions. Les pèlerinages à Massada, au-dessus de la mer Morte, se terminent invariablement par un refrain admiratif à propos de ces 2.000 Juifs qui se sont – plus ou moins volontairement [5] – suicidés pour maintenir leur foi et leurs coutumes et ne pas être romanisés.

Quant au nombre de morts causées par les « sectes » ou par les religions, le combat est par trop inégal. Alors que les sectes ne peuvent aligner au total que quelques dizaines de victimes (mais fort efficacement médiatisées), chaque jour les victimes des haines soutenues par les grandes religions sont des centaines : il ne fait pas bon être catholique en Algérie, juif en Irak, musulman en Inde, hindou au Pakistan, témoin de Jéhovah en Israël ou baptiste en Ukraine…

Dans ce domaine, les résultats des petits entrepreneurs indépendants que sont les sectes sont minables face à ceux des grandes multinationales de la religion.
Endoctrinement versus catéchèse

Peu de gens trouvent choquant qu'on définisse les enfants par la religion de leurs parents : des petits juifs, des petits musulmans, des petits catholiques… Et aucune association luttant pour les droits de l'enfant ne s'insurge de les voir participer aux « Catho Pride » ni fréquenter les mosquées ou synagogues. On condamne rarement comme une maltraitance la violence implicite qui préside au choix du futur Dalaï lama, enlevé petit enfant à sa famille.

Mais les mots ont évidemment un poids pour valoriser ou dévaloriser un groupe. Quoi de plus honorable que de « transmettre sa foi » à ses enfants ou de les envoyer au catéchisme ?

Mais s'agissant de « sectes » on parlera immédiatement d'endoctrinement, ce qui participe à l'idée de violence mentale faite à l'enfant ou au futur « adepte ». Ce dernier terme est lui-même péjoratif car, s'il s'agit d'une religion honorable, on parlera plutôt de fidèle ou de croyant. Il est bien entendu que si l'on adhère à une « secte » ce ne peut être qu'à la suite d'un bourrage de crâne intensif. Certaines législations prétendent même le combattre en l'appelant « manipulation mentale ». Mais ce terme n'est applicable qu'aux sectes, pas à l'honorable citoyen qui se convertit à l'islam ou au christianisme à la suite d'un processus spirituel respectable. La conversion est pourtant souvent décrite comme immédiate : saint Paul sur le chemin de Damas ou Constantin sur le Pont Milvius ont été frappés soudainement par la révélation. Si un dévot de Krishna ou un Pentecôtiste conte une histoire semblable, il est difficilement pris au sérieux…
La définition des sectes dans la législation et la réglementation

« Officiellement, le Canada ignore ce qu'est une secte. Sans définition légale, la lutte se fait très prudente, voire discrète. En Europe francophone, au contraire, de nombreuses lois restreignent drastiquement la dérive sectaire, jusqu'à rendre publiques des listes d'organisations à la limite de la diffamation. Comparaison de deux extrémismes dans la lutte. » [6]

La même prudence est observée en Suisse. En 1998, le Conseil fédéral déclarait : « … il ne peut pas y avoir une législation spécifique concernant les groupes qualifiés à tort ou à raison de "sectes" par l'opinion publique. La seule distinction entre communautés religieuses que connaisse la Suisse est celle du statut de droit public que peuvent accorder les cantons à certaines communautés. En revanche, il n'appartient pas au Conseil fédéral de déterminer quel groupe devrait relever ou non de l'indéfinissable catégorie de "secte", ni de mener une politique particulière à l'égard de certains groupes religieux, tant que ceux-ci respectent les principes de notre État de droit et les lois en vigueur. Néanmoins, si l'activité de certains groupes en arrivait à causer de sérieuses perturbations, l'art. 50, alinéa 2, de la Constitution fédérale prévoit que les cantons et la Confédération peuvent prendre les mesures nécessaires au maintien de l'ordre public et de la paix entre les différentes communautés religieuses. La situation que nous observons aujourd'hui en Suisse ne semble cependant pas appeler de tel-les mesures de la part du Conseil fédéral. » [7]

En revanche, la France et la Belgique sont beaucoup plus engagées dans la lutte anti-sectes mais ballottés entre, d'une part, leur volonté de maintenir l'ordre public et de protéger le citoyen et, d'autre part, celle de respecter les libertés individuelles, ces États ont mis sur pied des organismes chargés de la prévention des risques et de la lutte contre les phénomènes sectaires. Cependant, les groupes de travail qui se sont penchés sur cette épineuse question ont été d'emblée confrontés à la difficulté de travailler sur une notion juridiquement inexistante. Ces commissions ont publié des listes non exhaustives d'associations considérées comme sectaires mais, tant en Belgique qu'en France, ces listes ont fait l'objet de vives controverses et de critiques, et ont été officiellement abandonnées.[

En France, le décret n° 2002-1 392 du 28 novembre 2002 institue, auprès du Premier Ministre, une mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDES) [8]. Elle précise que : « … à défaut de définir juridiquement ce qu'est une secte, la loi réprime tous les agissements qui sont attentatoires aux droits de l'homme, aux libertés fondamentales ou qui constituent une menace à l'ordre public, commis dans le cadre particulier de l'emprise mentale. La loi dite About/Picard [9], à l'origine de l'article 223-15-2 du Code Pénal, complète en 2001 le délit d'abus frauduleux d'état de faiblesse en étendant le délit déjà existant à des situations de sujétion physique ou psychologique. Ainsi, il importe peu que telle dérive soit commise par un mouvement sectaire, un nouveau mouvement religieux, une religion du Livre ou par un charlatan de la santé. Dès lors qu'un certain nombre de critères sont réunis, dont le premier est la mise sous sujétion, l'action répressive de l'État a vocation à être mise en œuvre. » [10]

En Belgique, le Centre d'information et d'avis sur les organisations sectaires nuisibles, CIAOSN, a été créé par la loi du 2 juin 1998, à la suite d'une recommandation formulée par la commission d'enquête parlementaire, enquête « visant à élaborer une politique en vue de lutter contre les pratiques illégales des sectes et le danger qu'elles représentent pour la société et pour les personnes particulièrement les mineurs d'âge. » [11]

Dans ses « dispositions préliminaires », cette loi stipule : « Pour l'application de la présente loi, on entend par organisation sectaire nuisible, tout groupement à vocation philosophique ou religieuse, ou se prétendant tel, qui, dans son organisation ou sa pratique, se livre à des activités illégales dommageables, nuit aux individus ou à la société ou porte atteinte à la dignité humaine. Le caractère nuisible d'un groupement sectaire est examiné sur la base des principes contenus dans la Constitution, les lois, décrets et ordonnances et les conventions inter-nationales de sauvegarde des droits de l'homme ratifiées par la Belgique. [12]

N.d.V

Petite religion = secte ?

On pourrait croire que la différence entre sectes et religions peut être mesurée à l'aune objective de leur nombre de croyants (pour les « sectes » on emploiera de préférence on vient de le souligner, pour les désigner le terme péjoratif d'adeptes).

C'est loin d'être évident.

À Bruxelles il y a vingt-deux salles du Royaume des Témoins de Jéhovah, pour la plupart bondées, et quatre synagogues qui, elles, le sont rarement. Mais il ne viendrait à personne l'idée de mettre sur le même pied honorable judaïsme et Témoins de Jéhovah.

Peut-être parce qu'on réserverait le terme de religion aux confessions les plus anciennes ? Faux aussi. La référence à Krishna est millénaire, les Anabaptistes sont plusieurs fois centenaires mais cela ne les empêche pas d'être étiquetés « secte » et non religion.

Chez nous du moins. Car on peut avoir une étiquette différente selon l'endroit où on se trouve. Les Mormons sont considérés comme « secte » par nos gouvernements mais forment la majorité des croyants de l'État d'Utah où ils n'ont forcément rien de marginal.

La Belgique fournit un assez joli exemple de la double vision qu'on peut avoir d'un même groupe. La ministre francophone de l'éducation a fait distribuer aux lycéens une petite brochure de mise en garde contre les « sec-tes », avec une liste nominative des mouvements dont il faut se méfier. On y trouve explicitement cité le mouvement Steiner, dont les écoles sont reconnues et subsidiées quelques kilomètres plus loin par la Flandre !

Si donc ni la taille du groupe ni son ancienneté ne constituent un critère de distinction entre « sectes » et religions, on peut imaginer que l'emprise psychologique sur les membres ou la difficulté de sortir du groupe vont enfin apporter une solution à notre problème. Mais les directeurs de conscience, la soumission exigée des novices et les difficultés (matérielles ou psychologiques) à sortir des ordres jusqu'à une époque toute récente infirment aussi ce critère.

La rationalité des uns et pas celle des autres ?

Il peut être commode d'imaginer que dans les sectes on croit et propage des balivernes, contrairement à ce qui est diffusé dans les religions.

Évidemment le contenu doctrinal des « sectes » a souvent de quoi nous étonner. Telles attendent le retour du Christ, telles autres celui des extra-terrestres ou la réunion des familles à travers toutes leurs générations…

Ce n'est certes guère rationnel mais dans les religions auxquelles nous accordons respect, n'est-il pas question de l'attente du Messie, de la parousie [13], de la virginité d'une mère ou du retour des morts à la vie ?

Ces « balivernes » font partie de notre culture et nous avons appris à ne pas en rire ou au moins à ne le faire qu'en privé, mais objectivement les questions qui ont taraudé les théologiens pendant des siècles (les enfants non baptisés vont-ils au purgatoire ? Marie est-elle restée vierge pendant son accouche-ment ? Quelle est la nature de l'« âme » ?…) n'ont rien non plus de rationnel.

Quelle différence alors ?

Il est pourtant évident que « sectes » et « religions » ne sont pas des synonymes et que le premier terme est entaché d'un sens péjoratif. Dans un livre balayant cette double classification depuis l'Antiquité jusqu'à nos jours [14], nous avons essayé de comprendre comment et pourquoi les groupes religieux étaient enregistrés sous l'une ou l'autre étiquette.

La réponse la plus évidente est que l'honorable label de « religion » est octroyé à l'un ou l'autre groupe par le pouvoir politique. Ceux qui n'ont pas eu droit à cette appellation contrôlée sont étiquetés « hérésies » ou « sec-tes », selon les époques.

Aux premiers vont les honneurs et le respect mais ils doivent en échange légitimer le pouvoir politique. Les autres groupes religieux sont à surveiller, poursuivre, voire exterminer sans que rien dans leurs comportements sociaux ni dans leurs croyances ne les prédispose à ce sort particulier.

C'est le pouvoir politique qui décide du sort des uns et des autres et légifère en ce sens. La liste de sectes « nuisibles » et les subsides publics aux grandes religions (plus ou moins officiels selon les pays) sont à comprendre dans cette logique.

[1] Voir les interventions du jésuite Denaux et du père Ringlet : http://www.vigi-sectes.org/rapport/....

[2] C'est-à-dire le système de vie des moines.

[3] Lettre ouverte à la secte des adversaires des sectes, Labor, 1997.

[4] L'exemple le plus couramment avancé est celui de l'Ordre du Temple solaire.

[5] Voir à ce sujet le récit de Flavius Josèphe.

[6] Quartier Libre – Le journal indépendant les étudiants de l'Université de Montréal – « Lutte contre les sectes en Occident – Entre laxisme et "sectisme" », article de Thomas Gerbet et Vanessa Gauvin-Brodeur – http://www.quartierlibre.ca/spip.ph....

[7] http://www.parlament.ch/f/cv-gescha....

[8] http://www.miviludes.gouv.fr.

[9] Concernant la loi About/Picard, il est à noter que, dans sa résolution 1309 – « Liberté de religion et minorités religieuses en France » – l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe « invite le Gouvernement français à revoir cette loi et à clarifier la définition des termes "infraction"et "auteur de l'infraction" ».

[10] http://www.miviludes.gouv.fr/-Le-di....

[11] http://www.ciaosn.be/lecentre.htm.

[12] http://www.ciaosn.be/loi.htm.

[13] C'est-à-dire le retour du Christ sur terre pour juger les vivants et les morts, retour auquel les chrétiens se doivent de croire selon le Credo.

[14] « Sectes » et « hérésies » de l'Antiquité à nos jours. Le rapport au pouvoir, Alain Dierkens et Anne Morelli (dir.), Presses universitaires de Bruxelles, 2002. Disponible en ligne.

Mis en ligne sur le site de l'AFIS Pseudo Sciences le 20 janvier 2009